Vous êtes ici

Réseaux d’affaires francophones - guide (non officiel) du MOCI

Publié le
04/09/2018

La francophonie économique n’a pas d’existence juridique ou institutionnelle : aucun traité commercial préférentiel ne lie les pays francophones entre eux. C’est avant tout une nébuleuse de relations bilatérales, mais aussi d’associations, clubs, réseaux, qui ont le français, parfois même la culture des affaires inspirée du droit écrit, en partage. Ce qui en fait un incontestable atout à l’international. À condition d’avoir un guide…

    • Les liens linguistiques renforcent les échanges

      Depuis le rapport Attali de 2014 sur la francophonie, considéré en France comme une bible incontournable sur les perspectives du « soft power » à la française, nul ne doute plus que la langue française est un atout pour se développer à l’international : entre les 54 pays de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), les pays non-membres mais francophones (Algérie…), et ceux disposant d’une forte communauté francophone (Israël…) ou francophiles (Nigeria…), cet espace géolinguistique « francophilophone » regroupe 230 millions de personnes qui ont cette langue en partage.
      Avec le boom démographique en Afrique, il pourrait être triplé pour atteindre 770 millions en 2050.


      Or, selon des études citées par ce rapport, « deux pays partageant des liens linguistiques tendent à échanger environ 65 % plus que s’ils n’en avaient pas ». Tout est dit dans cette phrase.

      La langue seule ne fait pas tout

      Attention toutefois à une vision trop franco-française. « La francophonie est une diversité culturelle » avertit ainsi Jean-Dominique Assié, qui dirige l’Université Senghor d’Alexandrie. « C’est aidant de s’exprimer en français pour travailler avec les entreprises francophones mais il ne suffit pas de parler français, il faut aussi s’adapter à la culture (de son interlocuteur dans les affaires) et il faut aussi mieux se connaître pour mieux s’apprécier et travailler ensemble » estime Isabelle Quentin, responsable du Carrefour Femmes d’affaires francophones et membre du Réseau des femmes d’affaires du Québec (RFAQ).


      « Le fait de parler français vous permet de vous connecter plus ‘personnellement’ avec des businessmen qui sont ‘french educated’ comme les Libanais très présents dans la région, mais aussi les Maghrébins, certains ressortissants de pays d’Afrique francophone, des Belges, des Suisses, des Québécois, et certains Émiratis » souligne de son côté Yves-Michel Gabay, directeur général de la société iRevolution Middle East et ambassadeur du Club FrenchFounders de Dubaï.
       


      Attention aussi à un tropisme trop africain de la francophonie vue de France, qui peut faire ressurgir les vieux démons de la « françafrique », cette nébuleuse de réseaux politico-économiques affairistes franco-africains qui plombe encore aujourd’hui la perception des relations économiques entre l’Hexagone et le continent : « la francophonie doit être dissociée de la France, même si celle-ci en est un pilier », considère ainsi Mounir Rochdi, consultant international en intelligence compétitive et fondateur du cercle de réflexion ThinkTankers.


      Si le rapport Attali, prônait une stratégie ambitieuse de la France pour développer la francophonie comme outil de soft power – jusqu’à favoriser une Union économique –, force est de constater qu’il n’a pas été suivi d’effet. L’OIF elle-même peine à sortir de son rôle politico-diplomatique et à susciter une structuration des milieux d’affaires francophones depuis l’adoption d’une stratégie économique pour la francophonie en 2014, à l’occasion du Sommet de Dakar...


      > Dossier réalisé par la rédaction du MOCI


      > A retrouver sur www.rencontres-affaires-francophones.com/themes/raf/docs/guide-reseaux-affaires-francophones_v201807.pdf

       

Informations complémentaires :

Date:
04/09/2018

Mots clés :